Les sanctions traditionnelles

 

 

 

 

 

Nous allons voir les sanctions habituelles ou traditionnelles qui sont infligés par le Chef Coutumier et son Conseil du village à des individus ayant commis une faute grave et qui ont porté atteinte à la sérénité et la quiétude du village.
Des sanctions peuvent être infligés à la suite, pour citer quelques exemples, de vols, de commérages, de violence conjugales ou enfin de trahison matrimoniales.

Si autrefois les lois traditionnelles autorisaient les coups de " TIRAY " un fouet traditionnel, sur la ou les personnes reconnues coupables, aujourd'hui, les nouvelles générations de chefs coutumiers ont complètement banni cette sanction et à la place ont imaginés une sanctions très particulière, il s'agit du "MADIVUSKA " autrement dit le nettoyage de terrain communautaire.
Nous pourrions comparer cette sanction avec les travaux d'intérêt publique infligé par un tribunal civil, mais sachez que ce travail ou cette sanction n'est pas de tous repos puisque le coupable devra nettoyer une surface le plus souvent aride et en plus infestée de fourmis rouge.

Il faut savoir que plus un acte sera jugé grave par le Conseil et plus la tâche et la durée des travaux sera longue et pénible. Notez que la personne reconnu coupable à tout de même le droit de dormir dans son carbet familiale, mais seulement dormir, car durant la durée de sa peine 4 hommes de forte carrure désignés par le chef coutumier seront chargé de faire appliqué la sanction.
Voici comment se passe une journée de " KAMAWKA " que nous traduirons par prisonnier.
Tôt, très tôt le matin, les quatre hommes désignés pour faire appliquer la loi viennent chercher le coupable pour l'emmener à l'endroit où chaque jour il devra purger sa peine. Le prisonnier aura pour seul compagnon une houe qu'il devra utiliser pour nettoyer la surface. Il faut savoir que le prisonnier est pour la plupart du temps nu pied parmi les fourmis rouge, il n'aura le droit de boire et de manger qu'à la fin de la journée c'est à dire au couché du soleil pour certains récidivistes. D'autres plus chanceux, seront libre dès l'après -midi. Certains ayant compris la leçon, imploreront la grâce du Chef Coutumier au bout de quelques jours.
Cette sanction est infligée pour les cas de délits que l'on pourrait qualifier de mineurs, comme par exemple les commérages, les conflits de ménages et vols.
Mais, ils existent d'autres sanctions beaucoup plus sévères pour des délits beaucoup plus graves comme les affrontements entres personnes ayant entraînés des effusions de sang, les viols, les incestes et les meurtres.
En ce qui concerne le dernier cas, le meurtre est fort heureusement très rare chez les Palikours. Mais nous pouvons tout de même vous parler du meurtre le plus célèbre chez les Palikours, il s'agit du meurtre d'un Chaman qui a eu lieu dans le courant des années 1950. Cet acte atroce fut commis par 15 hommes dans la réserve de " UACA ", le territoire incontesté des Palikours du Brésil. Suite à ce meurtre les 15 hommes que les autorités coutumières avaient désignés comme étant les coupables, furent exilés très loin de la réserve, puisqu'ils ont été remis aux autorités militaires qui, selon les dires des anciens les ont tout simplement emmener dans l'état du Para, pour purger ainsi des peines, non pas traditionnelles, mais militaires. Personnes ne sait ce que ces hommes sont devenus. Mais, quelques fois les Palikours qui reviennent de voyage dans l'état du Para, raconte qu'il existe actuellement un village Palikours de fort métissage, et certains anciens pensent que ce seraient les descendants de ces hommes exilés. Sachez que cette histoire c'est réellement passé, puisqu'à l'époque le Chaman en question était réputé pour sa puissance, sa méchanceté et sa tyrannie.
Pour revenir aux sanction traditionnelles, sachez que les sanctions sévères, comme par exemple l'exil, n'existe plus chez les Palikours. En ce qui concerne le " MADIVUSKA " les travaux d'intérêts publiques, se pratiquent toujours chez les Palikours du Brésil, mais cette sanction, n'est pas appliqué chez les Palikours de la Guyane.